Roxann, Le Knock-Out

Roxann, Le Knock-Out

Le Knock-Out est un magasin de vinyles et de cassettes situé au 832 rue St-Joseph Est, avec entre autres un espace à l’avant consacré à la musique faite à Québec, et un espace à l’arrière pour accueillir des petits concerts dans une ambiance « comme à la maison ».

Une place tenue par des « punks », de l’aveu de Roxann Arcand qui a ouvert cette boutique avec son mari Jean-Philippe Tremblay, mais où on peut trouver un large éventail de styles musicaux.

 

Terence : Comment vous êtes-vous rencontrés, avec Jean-Philippe ?

Roxann : Avec J.-P., on s’est rencontrés pendant notre bac en arts visuels à l’Université Laval. Mais je ne l’aimais pas à ce moment-là, il me tapait sur les nerfs ! On ne se parlait même pas.

Et puis à un moment donné, J.-P. a travaillé à l’Arlequin, un bar assez important pour la scène musicale underground, punk, etc. Un jour, ce bar a fermé et J.-P. s’est retrouvé à travailler au dépanneur, à côté de chez moi. Donc j’allais là et je le voyais. Finalement, on a commencé à se parler, et il m’a dessiné des pouliches sur un vinyle, parce que je tripe sur les pouliches. Je pense qu’il m’a eue avec ça, des pouliches sur un vinyle ! À cette époque, moi, j’étais chocolatière chez Érico.

On a fini par se marier à Las Vegas, dans une chapelle ! On en a profité pour voyager aux Etats-Unis et on est revenus faire le party à Québec, au Cercle, où on a fait jouer des bands qu’on aime. Ça se pitchait du gâteau et de la bière dans la face… Un truc vraiment à notre image !

 

Le Knock-Out
Boutique Le Knock-Out – Crédit photo : Luis Manjarrez

 

Terence : À ce sujet, c’est aux Etats-Unis que tu as eu le déclic pour ouvrir un endroit comme Le Knock-Out, une place hybride entre petite boutique de vinyles et petite salle de concert ?

Roxann : Oui ! C’était en 2012, alors que j’étais encore chocolatière. Avec mon band Machinegun Suzie, on a été invitées à jouer au festival South by Southwest, à Austin. En plein après-midi, je suis entrée dans un petit magasin de vinyles, le Trailer Space, et un band était en train de jouer devant du monde vraiment relax. Un an après cette découverte, on ouvrait Le Knock-Out avec Jean-Philippe.

 

Terence : Jean-Philippe n’est pas tout le temps là, a-t-il une autre activité en parallèle du Knock-Out ?

Roxann : J.-P. est souvent ici les jeudis et vendredis soirs, quand il a fini son boulot. Il aimerait être là plus souvent, mais il a gardé un emploi stable depuis des années, comme gérant d’un Bed & Breakfast sur Grande Allée.

Sa force, c’est de bien connaitre le marché du vinyle usagé, c’est le gars qui va chercher des vieux vinyles comme si c’était pour les ajouter à sa propre collection. On se complète bien, parce que moi je m’occupe du neuf : les nouveautés, les repress, et aussi la programmation pour nos événements comme le Record Store Day.

 

Le Knock-Out
Boutique Le Knock-Out – Crédit photo : Luis Manjarrez

 

Terence : Vous intéressez-vous beaucoup aux groupes de Québec ?

Roxann : Oui, on a même une section « local » en avant, autant vinyles que CD. Ce sont les bands eux-mêmes qui décident de leurs prix, et on prend une toute petite cote là-dessus. C’est notre façon de soutenir les bands de Québec ! Je fais de la musique aussi, donc je trouvais ça important.

Il y a beaucoup de choses qui se font à Québec, et beaucoup de bonnes choses. Il y a un band bien établi que j’aime beaucoup et qui vient de sortir un nouvel album : Les Goules. C’est un band de Québec qui fait tout de manière indépendante et qui obtient un très gros succès. Les gars travaillent fort et ils savent ce qu’ils veulent.

Complètement hors de mon registre habituel, il y a Juste Robert qui est un projet très folk. Je trouve qu’il y a un vocal particulier, il y a une sensibilité assez forte, c’est très vrai.

J’aimerais ça produire des artistes de Québec, comme le faisait Banzai Records dans le temps !

 

Terence : Qu’est-ce qui fait que tu vas acheter un vinyle plutôt qu’un morceau sur iTunes ?

Roxann : Il y a plusieurs raisons. Certains vont dire que c’est parce que le son est meilleur. Il y a aussi le fait que tu achètes un bel objet physique qui va durer. Tu achètes de la musique, mais tu achètes aussi un objet auquel tu vas faire attention. En plus, tu as souvent le code de téléchargement à l’intérieur, donc tu vas quand même l’avoir dans ta voiture ou quand tu vas courir.

Je trouve ça plus agréable d’acheter de la musique de cette façon plutôt que de l’avoir juste dans les oreilles. Les bands prennent le soin de faire de belles pochettes, du belartwork dessus. C’est plus complet comme approche, tu te plonges mieux dans l’univers de l’artiste.

 

Le Knock-Out
Boutique Le Knock-Out – Crédit photo : Luis Manjarrez

 

Terence : Qu’est-ce qui amène les gens au Knock-Out ? Est-ce qu’ils sont mélomanes ou collectionneurs, comme vous ?

Roxann : En général ce sont vraiment des mélomanes, des gens qui aiment la musique. J’ai une partie de la clientèle qui collectionne, mais ce n’est pas la principale vocation du Knock-Out. Je préfère avoir des vinyles un peu plus abordables.

Dans l’usagé, on a déjà eu en boutique un Black Sabbath sur Vertigo, là on est dans la collection. Dans notre collection personnelle, Jean-Philippe est très content de ses vinyles 13th Floor Elevators, et moi de mes Handful of Snowdrops et Trisomie 21 !

 

Terence : Mis à part Le Knock-Out, quel est ton endroit préféré ou ton commerçant préféré à Québec ?

Roxann : J’aime beaucoup X2O. Ça vend des Dr Martens, ça vend des Converse, et ça fait longtemps qu’ils sont là ! J’y ai déjà travaillé quand j’étais plus jeune. Sinon j’aime beaucoup le Scanner Bistro également, où j’ai déjà travaillé aussi. C’est géré par des punks, mais quand tu rentres là tu as toutes sortes de monde.

 

Plus d’information : facebook.com/leknockoutlautredisquaire

Le Knock-Out • 832 Rue Saint-Joseph Est, Québec • 581-742-7625

 

 

Propos recueillis par Terence Tyr • Photos par Luis Manjarrez • Une initiative Urbz